La migration organisée initiée à partir de 1962 est justifiée par ses promoteurs par deux éléments qui apparaissent indiscutables : une trop forte croissance démographique et une économie pas assez développée pour absorber les nouveaux actifs.
L'Etat, en accord avec les élites locales, veut « soulager » La Réunion de son « surpoids » démographique en mettant en place une structure, le Bumidom, qui emmène ce « surplus » de population en métropole afin d’y travailler et de s'y installer définitivement.
Cette migration organisée est d'autant plus aisée à initier, alors qu'elle est coûteuse, qu'elle permet aussi de répondre au besoin en main d'oeuvre de la France des Trente glorieuses et participe à compenser la disparition de l'empire colonial et la perte de l'Algérie, par le maintien d'un présence ultramarine française.
L'objectif visé par la migration facilitée a t-il été atteint ?
Les statistiques (Insee Réunion et Ined) montrent que tous les partants ont été intégralement remplacés par de nouveaux arrivants sur la période 1962-1982, date de remplacement du Bumidom par l’ANT.
En dépit de ce constat, depuis 1991, les autorités locales réunionnaises tentent de relancer la migration, alors que la croissance démographique a fortement diminuée et que l’économie réunionnaise se montre dynamique en création d’emplois.
Faut-il y voir une énième manifestation des séquelles coloniales affectant toujours l’Ile malgré soixante-trois années de départementalisation et d’une absence d’identité régionale réunionnaise commune, forte et partagée par le plus grand nombre, masses populaires et élites comprises ?
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