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Volume 75

La place des "Békés" dans la société antillaise :
mythes et réalités

CD audio
77 minutes

Willy Angèle
Daniel Dalin
Roger de Jaham
Jean-Louis de Lucy
Hervé Damoiseau
José Marraud Desgrottes
Patrick Karam
Philippe Lavil
Pierre Pluton
Serge Romana

Rencontre-débat organisée au Ministére de l'Outre-Mer par la Délégation interministériel pour l'Egalité des Chances des Francais d'Outre-Mer le 18 mars 2009 à Paris, salle Félix Eboué.

l'origine de l'appellation " Béké" reste inconnue. àla Martinique, on désigne sous ce terme les descendants des colons européens implantés dans l'île pour certains depuis le 17éme siécle, plusieurs familles étant toutefois arrivées plus tardivement, aussi bien au 18éme qu'au 19éme siécle. Dans ce département, on estime aujourd'hui qu'ils seraient au nombre de 1.500 à 2.000 personnes, sachant qu'il n'existe pas de statistique officielle.

 

   En Guadeloupe, ils sont aussi appelés " Blancs pays " et seraient numériquement moins nombreux, leurs rangs ayant été décimés par la Révolution francaise qui a aboli l'esclavage une premiére fois. Placée sous protectorat anglais à cette époque, la Martinique ne fut pas concernée par ces événements.

 

 D'une facon générale, ces colons étaient issus de toutes les couches de la population francaise, puisqu'on y trouvait aussi bien des cadets de famille, que des aventuriers ou même des "engagés", recrutés en Europe par la Compagnie des Indes. La plupart des colons anoblis l'ont été sur place, au 18éme siécle, "pour services rendus" au royaume de France.

  Jusqu'en 1848, date de l'abolition définitive de l'esclavage, les principaux acteurs économiques de cette période, les colons, ascendants des Békés, ont eu recours aux esclaves. La traite et l'esclavage ont depuis été reconnus comme étant crime contre l'Humanité par la France le 23 mai 2001. Aux 19éme et 20éme siécles, les descendants des colons européens se sont reconvertis dans l'industrie, puis dans le commerce. De nombreuses familles ont également quitté ces îles pour retourner en France hexagonale.Trés peu de familles békés sont parvenues à transmettre à travers les ans les héritages qu'elles auraient éventuellement recus, notamment en matiére de terres, celles-ci ayant été progressivement démembrées et vendues au fil des générations. Comme beaucoup de minorités vivant au sein d'un ensemble plus important, les Békés ont eu tendance à vivre repliés sur eux-mêmes depuis le 19éme siécle, au point qu'ils aient été taxés d'endogamie et de racisme. Cependant, au cours de la seconde partie du 20éme siécle, on peut noter une ouverture croissante de ce groupe à l'égard des autres composantes de la société antillaise.

 

   Les Békés constituent désormais un groupe hétérogéne, puisque ses membres se retrouvent dans toutes les catégories socioprofessionnelles de la Martinique : ils sont médecins, avocats, chirurgiens, experts-comptables, chefs d'entreprises, cadres, agriculteurs, professeurs, instituteurs, architectes, marins-pêcheurs ou encore SMICards et RMIstes. Il en est de même pour les " Blancs pays " en Guadeloupe. Leurs situations financiéres reflétent cette diversité. Certains leaders à la tête des collectifs qui ménent en 2009 le combat contre la vie chére aux Antilles ont désigné les Békés comme étant les "profiteurs" du systéme économique et les ont accusés de détenir la quasi-totalité de l'économie, ce que contredisent les faits. Même si le poids économique du groupe des Békés reste encore substantiel au regard de leur faible importance numérique, il n'a cessé de se réduire au fil du temps. Et cela sous l'émergence des autres composantes de la société antillaise (Noirs, Indiens, Métis, Métropolitains, Chinois, Syro-libanais) qui montent en puissance dans l'économie des DOM.


Plan du CD audio : 77 minutes


Piste 1 : Allocution d'ouverture par Patrick Karam, Délégué interministériel pour l'Egalité des Chances des Francais d'outre-mer - 10 min
Piste 2 : Willy Angéle, Président du MEDEF Guadeloupe - 19 min
Piste 3 : Philippe Lavil, artiste - 2 min
Piste 4 :Roger de Jaham, Chef d'entreprise - 7 min
Piste 5 : José Marraud Desgrottes, Expert comptable - 9 min
Piste 6 : Jean-Louis de Lucy, Agriculteur - 3 min
Piste 7 : Pierre Pluton, Maire d'Evry-Gregy-sur-Yerres - 1 min
Piste 8 : José Marraud Desgrottes - 5 min
Piste 9 : José Marraud Desgrottes - 2 min
Piste 10 : Daniel Dalin, Président du Collectif DOM - 2 min
Piste 11 : Roger de Jaham - 5 min
Piste 12 : Serge Romana, Président du CM 98 - 7 min
Piste 13 : Patrick Karam - 2 min
Piste 14 : Hervé Damoiseau, Président des rhums Damoiseau - 1 min
Piste 15 : Clo^ture par Patrick Karam - 1 min

Remerciements : Emmanuel de Reynal

(C) Association Réunionnaise Communication et Culture

Publication : Avril 2009

 

 
 

 

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