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Volume 21

Epidémie de chikungunya à La Réunion

Dr Philippe Girard

L'épidémie du chikungunya que connaît l'île de la Réunion est une réalité à laquelle ni la population, ni l'administration n'étaient préparées. A ce jour (avril 2006), elle a touché plus d'un tiers de la population soit 250 000 personnes.
Le virus du chikungunya est transmis d'une personne infectée à une personne saine par la piqûre d'un moustique assez commun à La Réunion nommé Aedes albopictus. La femelle moustique, pour se reproduire, va puiser les protéines dans le sang dont elle a besoin.
C'est en 1953 en Afrique de l'Est que le virus du chikungunya est identifié pour la première fois. Depuis, des cas et des épidémies de chikungunya sont signalés régulièrement en Afrique et en Asie. En 2004, des cas sont recensés en Afrique de l'Est, puis en 2005 aux Comores et dans les Mascareignes. Début 2006, avec la saison des pluies , à la Réunion puis à Maurice, à Madagascar et en Inde, ces quelques cas ont rapidement augmenté pour donner des épidémies explosives de "chik ", abréviation médicale et populaire du mot chikungunya .
L'évolution du virus passe par des phases successives : une phase d'incubation de 1 à 10 jours ( moyenne de 4 jours), une phase de virémie de 3 à 10 jours ( (5 jours en moyenne) pendant laquelle le virus est très actif et présent dans le sang . Cette phase est marquée par une fièvre brusque et élevée, des maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires invalidantes, suivies chez certaines personnes d'une éruption de boutons avec parfois des démangeaisons. Les cas les plus graves concernent surtout les personnes âgées, les personnes déjà atteintes d'une maladie chronique et les nouveau-nés. Au cours de cette phase, les individus sont potentiellement "contagieux " s'ils se font piquer par un moustique.
La dernière phase, plus ou moins longue selon les personnes, est marquée par la persistance de douleurs articulaires de type inflammatoire, surtout nocturnes et matinales, qui évoluent parfois en poussées, qualifiées à tort de "rechutes ".
Chez certains, cette dernière phase peut dépasser 3 mois et devenir chronique. Les douleurs, dans l'ensemble, semblent diminuer dans le temps mais l'on manque encore de recul sur cette "polyarthrite chikoïde". Cette maladie est immunisante, c'est-à-dire qu'elle laisse des anticorps qui empêchent une nouvelle infection à virus chikungunya.
Le virus est difficile à traiter et il n'existe à l'heure actuelle aucun remède miracle. L'utilisation de paracétamol et d'anti-inflammatoires ne fait qu'atténuer les douleurs. La nivaquine ne semble pas non plus avoir une totale efficacité. Un vaccin est à l'étude, il faudra attendre plusieurs années avant sa mise au point.
Face aux difficultés rencontrées par les familles réunionnaises, accentuées par un ralentissement général de l'économie, plusieurs associations se sont mobilisées afin de mieux répondre aux besoins de la population.
Cette épidémie n'a fait que renforcer l'idée que le réunionnais est un francais des tropiques qui doit (ré)apprendre à se protéger des moustiques, potentiellement dangereux.
K. Carime Jalime - Philippe Girard

Plan

Piste 1 : Présentation de l'intervenant - 1mn
Piste 2 : Causes et agents du chik - 2 mn
Piste 3 : Mécanisme de la maladie - 2,5 mn
Piste 4 : Formes de la maladie - 11mn
Piste 5 : Traitement - 7 mn
Piste 6 : Historique de la maladie et localisation dans le monde - 3,5 mn
Piste 7 : Propagation et lutte contre l'épidémie à La Réunion - 6 mn
Piste 8 : Coût pour les familles - 1 mn
Piste 9 : Résistance des oeufs - 2,5 mn
Piste 10 : Autres maladies virales transmises par les moustiques - 3 mn
Piste 11 : Ravines réunionnaises - 1,5 mn
Piste 12 : Associations - 4 mn
Piste 13 : Nouvelles technologies et medias - 2 mn
Piste 14 : Conclusion - 1 mn

Enregistrement réalisé lors de la rencontre Couleur Saphir N°102 organisée par l'Association Réunionnaise Communication et Culture le 26 avril 2006 à Paris.

Philippe Girard est médecin généraliste à La Réunion. Il vit depuis 4 ans à Sainte-Clotilde. Il effectue des recherches sur le Chikungunya et a écrit sur son site internet des articles en santé publique sur la prévention de l'extension de l'épidémie, l'utilisation des répulsifs, les séquelles douloureuses du Chikungunya (polyarthrite, fatigue, dépression) et les autres maladies transmises par le moustique dans le monde. Certains de ses articles ont été repris par la presse locale.

Il assiste aux réunions qui rassemblent régulièrement la Préfecture, la DRASS, le Conseil Régional, le Conseil Général, le Conseil de l'Ordre des Médecins et l'association des Maires.

Il est membre d'un collectif d'associations qui lutte contre le chikungunya à La Réunion. Cette organisation vise à combattre les rumeurs en informant les réunionnais sur la maladie et en organisant des réunions publiques.
C'est aussi, intervenir dans les médias, encourager l'utilisation de moustiquaires de fenêtre et agir en faveur d'une démoustication raisonnée en liaison avec les agents communaux.
http://chikplanete.blogspot.com/
girardphilippe@yahoo.fr

 

 
 

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